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L’importance du port du masque

Par septembre 2, 2020 No Comments

Le Canada se déconfine et le port du masque dans les transports en commun et dans les endroits publics fermés a été rendu obligatoire par certaines provinces.

Au départ, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux États-Unis, l’Agence de la santé publique du Canada, ainsi que plusieurs gouvernements provinciaux et territoriaux, ont d’abord dit que les masques ne devaient pas être portés en public. Cependant, leur discours a changé en raison de l’augmentation de la transmission communautaire. Au mois de mai, ils nous suggéraient de porter un masque lorsqu’approprié. En juillet, la province de Québec, en plus de certaines parties de l’Ontario, a annoncé qu’ils étaient maintenant obligatoires.

Maints individus se demandent à présent : alors que les recommandations ne cessent d’évoluer pendant la pandémie, qu’est-ce qui a changé et pourquoi dois-je en porter un? Quels sont donc les bénéfices de porter un masque en public et pourquoi est-ce devenu obligatoire?

 

Est-ce normal que les mesures évoluent?

Il y a de cela quelques mois, la COVID-19 était un territoire inconnu. Les communautés médicales et scientifiques étaient ainsi confrontées à une pandémie mondiale causée par un virus inconnu et elles ont dû apprendre rapidement comment protéger le public.

La situation est complexe et les recommandations sont réévaluées à mesure que nous en apprenons plus sur le virus. Faire preuve de flexibilité est une bonne chose, car les modifications à ces lignes directrices sont faites dans le but de nous garder davantage en sécurité selon les découvertes scientifiques et réelles. Les recommandations doivent évoluer afin de refléter les plus récentes découvertes et consensus scientifiques.

Comme pour toute nouveauté, il y a une courbe d’apprentissage. Nous pensions d’abord que les individus sans symptômes ne pouvaient transmettre le virus que rarement. Cette hypothèse était basée sur notre expérience avec des virus similaires. Mais nous avons lentement constaté que ce n’était pas vrai; effectivement, les personnes sans symptômes pouvaient transmettre le virus. Cette réalité implique que même si quelqu’un ne tousse pas ou n’éternue pas, elle peut infecter les autres. Ce phénomène se nomme « transmission asymptomatique ».

Un article de l’Université d’Ulm en Allemagne a pris connaissance des pourcentages estimés de transmission par des gens non diagnostiqués et sans doute asymptomatiques, en plus du nombre de cas sans symptômes ou avec des symptômes très légers. Les nombres estimés variaient de 42,5 % à 79 % selon des études qui ont examiné la transmission en Italie et en Chine. Ces découvertes signifient que même si vous vous sentez bien, vous pourriez être porteur du virus et être responsable de l’infection d’autres personnes. Ceux ayant des symptômes très légers pourraient croire qu’ils ne sont pas infectés et ignorer leurs symptômes, pensant tout simplement se sentir épuisés ou avoir mal dormi la nuit précédente.

En début de pandémie, la recommandation était de ne pas porter de masque tout simplement parce que nous n’étions pas conscients de l’importance de la transmission asymptomatique et peu symptomatique. La stratégie derrière ce message était également basée sur la pénurie des équipements de protection individuelle. Les travailleurs de la santé devaient y avoir accès pour protéger leurs patients en plus de se protéger eux-mêmes. À ce moment, et ne sachant pas encore à quel point la situation allait devenir grave, nous avions estimé que les masques devaient leur être réservés.

 

Pourquoi porter un masque dans les espaces publics?

Lorsque vous êtes allés à l’hôpital ou dans une clinique sans rendez-vous, vous souvenez-vous avoir vu une boîte de masques? En temps normal, l’affiche à ses côtés vous demanderait d’en porter un si vous toussez ou présentez d’autres symptômes respiratoires typiques. Cette mesure de sécurité est prise afin de s’assurer que vous ne transmettiez pas le virus dont vous êtes atteints aux autres individus cherchant à se faire traiter.

Puisque nous savons que l’infection se produit à partir de gouttelettes liquides expulsées lorsque vous respirez, parlez, toussez ou éternuez quand des gens sont à proximité, cela signifie que vous pouvez infecter quelqu’un sans même vous en rendre compte. Par conséquent, les masques agissent comme une barrière physique qui prévient vos gouttelettes d’atteindre les individus à côté de vous. En d’autres mots, vous gardez vos germes, et vos virus, pour vous-mêmes.

Alors que nous retrouvons une vie plus « normale », il est de plus en plus difficile de respecter les mesures de santé publique telles qu’une distanciation physique de deux mètres. Si nous portons tous un masque, vos chances d’inhaler les gouttelettes d’une personne infectée avec qui vous êtes en contact étroit sont fortement réduites. Cette mesure devient particulièrement importante dans les endroits fermés puisque nous avons découvert qu’il est beaucoup plus facile de respirer les gouttelettes des autres dans de tels environnements. À l’extérieur, les gouttelettes sont facilement emportées par l’air. Nous devons donc être particulièrement prudents à l’intérieur.

L’article allemand a également révélé que l’incidence de nouveaux cas était plus faible dans les pays où un pourcentage élevé de gens portait des masques, contrairement aux autres où ils n’étaient pas obligatoires. À Hong Kong, où 96 % de la population porte des masques, l’incidence était de 129 cas par million d’habitants au mois de mars. Cela veut dire que 129 individus ont contracté la COVID-19 sur un million. En Italie, au même moment et où ils n’étaient pas portés, le nombre a atteint 2 983 par million d’habitants.

Cependant, le port du masque n’est pas qu’une question de statistiques. C’est également un acte de solidarité afin de protéger les autres.

Pensez à porter un masque par considération pour les individus qui ne sont pas en aussi bonne santé que vous. Certains vivent avec le cancer ou le diabète; d’autres ont un système immunitaire affaibli. Pour eux, des activités simples comme se rendre à l’épicerie peuvent provoquer de l’anxiété si les autres ne portent pas de masque. L’union fait la force et si chacun de nous en porte un, nous réduisons la capacité du virus à se propager d’une personne à l’autre. Souvenez-vous que le virus veut se propager. Son but, comme pour tout virus, est de nous infecter. Nous devons donc créer des conditions dans lesquelles il lui sera impossible de le faire.

 

Les masques sont-ils tous égaux?

La réponse est non.

Une étude menée par la Duke University a testé 14 types de masques différents. Des N95 portés par les travailleurs de la santé aux cache-cous en molleton en passant par les bandanas et ceux faits à la maison, ils ont pu visuellement observer la quantité de gouttelettes qui sort de chaque type de masques.

Les N95 ont obtenu les meilleurs résultats, suivi par les masques chirurgicaux. Les N95 ne sont requis que pour les travailleurs de la santé pratiquant des procédures spéciales sur des patients très malades à l’hôpital. Il y a une pénurie mondiale de ces masques; ils ne sont donc pas destinés à un usage quotidien en dehors de l’hôpital. Ceux confectionnés à la maison et fabriqués à partir de différents types de coton ou de mélanges ont également montré d’excellents résultats; ce sont ceux que nous devrions porter.

Les masques tricotés, les bandanas et les cache-cous en molleton ont terminé en dernière position. En fait, le cache-cou en molleton semblait même contreproductif, car il brise les grosses gouttelettes en plus petites. Cette trouvaille signifie que les gouttelettes se transmettent plus que si vous n’en portiez aucun.

En ce qui concerne les masques munis d’une soupape d’expiration, l’OMS ainsi que le gouvernement du Canada ne conseillent pas leur utilisation. Aussi tentant soit-il d’en acheter un (ils sont faits pour respirer plus facilement), ils sont en réalité inefficaces dans notre lutte contre la COVID-19 étant donné qu’ils permettent aux gouttelettes respiratoires infectieuses d’être projetées dans l’air. Puisque nous désirons garder nos gouttelettes pour nous-mêmes, ce type de masque ne réduit pas la propagation du virus.

 

Puis-je cesser la pratique de toutes autres mesures préventives si je porte un masque?

Ce serait fantastique si le port du masque était suffisant en soi. Malheureusement, il ne l’est pas.

Comme nous l’avons mentionné précédemment, les gouttelettes sont responsables de la propagation du virus et peuvent être expulsées lorsque vous parlez, riez ou éternuez. Le masque aide à protéger les autres autour de vous. Mais en porter un ne signifie pas pour autant que vous pouvez entrer en contact étroit avec les autres.

Les masques réduisent les chances que les autres inhalent vos gouttelettes respiratoires; ils n’éliminent pas tous les risques. Certaines gouttelettes peuvent sortir par les côtés ou par le masque lui-même. Porter un masque ET avoir une distance de six pieds, surtout à l’intérieur, va grandement réduire les risques.

Le port du masque ne doit pas vous donner un faux sentiment de sécurité. Son objectif étant d’avoir une couche de protection supplémentaire, il doit être porté correctement en plus d’être combiné à d’autres mesures de santé publique. Continuez à maintenir une distanciation physique de six pieds avec les autres, à laver vos mains et à éviter de toucher votre visage puisque vous pouvez contracter le virus par contact avec vos muqueuses (c’est-à-dire vos yeux, nez, bouche, etc.).

 

Pour apprendre comment porter votre masque adéquatement et ce qu’il faut et ne faut pas faire, lisez nos autres articles sur les masques :

 

Sources :

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