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Un vaccin contre le coronavirus : où en sommes-nous?

Cet article fait partie de l’une des nombreuses ressources disponibles à même notre plateforme de navigation santé, permettant ainsi à vos membres d’avoir accès à de l’information santé crédible. Dans ce texte, notre médecin en chef, le Dr Michael Szabo nous explique pourquoi la vaccination est la route la plus sûre pour nous sortir de la pandémie actuelle.

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Mai 13 2020

La pandémie actuelle de COVID-19 a mené à un effort sans précédent de la part des scientifiques du monde entier pour développer un vaccin. Les vaccins sont essentiels pour nous protéger lorsque les risques d’infection naturelle sont importants.

La COVID-19 est un virus plus dangereux et mortel que celui de la grippe. Bien que nous n’ayons toujours pas de données définitives sur les risques réels d’infection de la COVID-19, nous pouvons affirmer sans trop nous tromper que des endroits tels que la ville de New York et l’Italie n’ont jamais eu une saison de la grippe similaire à ce qu’ils traversent à l’heure actuelle. Aux États-Unis, près de 60 000 personnes en sont décédées depuis la mi-mars.

Il est essentiel de noter que cela s’est produit malgré la mise en place de mesures de santé publique comme la distanciation physique, les quarantaines et l’auto-isolement. Sans elles, plusieurs milliers d’individus supplémentaires en seraient morts.

Permettre une infection naturelle est-elle une bonne option?

Une façon de protéger la population est de permettre à l’infection de se répandre de sorte que la majorité d’entre nous réussisse à la combattre et soit immunisée. Une fois que cela se produit dans un pourcentage important, la capacité de propagation du virus est réduite et nous pouvons mieux le contenir. Les scientifiques estiment actuellement que près de 60 % de la population doit être immunisée à la COVID-19 pour que sa capacité de propagation soit considérablement affaiblie. Ce phénomène est connu sous le nom d’immunité collective.

Le problème, c’est que si nous permettons à la COVID-19 d’infecter la majorité d’entre nous, les pertes de vies et les impacts sur la santé générale de nombreux individus seraient trop grands; et ce, même si nous permettons seulement aux individus à « faible risque » d’être infectés.

Les experts ont estimé que le taux de létalité de l’infection (nombre de décès divisés par le nombre réel d’infections) à la COVID-19 est d’environ 0,5 %. Celui-ci est plus bas que le taux de létalité des cas (nombre de décès divisé par le nombre confirmé de cas) qui est de 5 à 8 %. Pourquoi? Parce que ce premier considère toutes les infections, y compris celles qui sont asymptomatiques ou avec peu de symptômes et où les individus n’ont pas consulté de médecin pour se faire tester.

Si nous permettons à 60 % de la population d’être infectée, le nombre de décès estimé pourrait atteindre un million aux États-Unis et 111 000 au Canada.

Cela est inacceptable. Nous devons trouver un autre moyen.

La route la plus sûre

La vaccination est une façon, pour la plupart d’entre nous, de devenir immunisés tout en ne mettant pas nos vies et notre santé à risque.

Mais la mise au point d’un vaccin n’est pas chose facile. Nous devons être en mesure de prouver que nous pouvons créer une réponse immunitaire significative avec celui-ci. Cette réponse immunitaire doit ensuite se montrer protectrice lorsqu’exposée au virus.

Nous devons aussi établir que cette réponse immunitaire dure longtemps; il serait inutile qu’elle ne dure que quelques mois. Elle devrait durer au moins un an pour être utile, ce serait encore mieux si elle durait à long terme. De plus, nous devons démontrer que le vaccin est sécuritaire.

La patience est de mise

Le développement d’un vaccin nécessite un procédé scientifique très minutieux et rigoureux qui prend du temps. Il est estimé qu’il faudra au moins de 12 à 18 mois avant de pouvoir en concevoir un dont l’usage sera acceptable pour l’ensemble de la population.

Actuellement, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) signale que cinq vaccins candidats sont à l’examen dans 71 études précliniques. Ensuite, il y aura des études cliniques où ceux-ci seront testés sur de petits groupes, puis sur de plus grands groupes de patients.

Nous devons être patients avec ce procédé. La dernière chose dont nous avons besoin, c’est qu’il soit précipité. Un bon exemple est celui survenu en 1976 lorsqu’un vaccin contre la grippe porcine a été mis au point trop rapidement. Après avoir été administré à la population, il s’est avéré être à l’origine d’un nombre important de cas d’une grave maladie neurologique appelée syndrome de Guillain-Barré.

Que devons-nous faire en attendant

En attendant, les mesures de santé publique telle que la distanciation physique permettent de réduire la propagation de l’infection. Plusieurs essais cliniques se penchent aussi sur l’usage de différents médicaments pour améliorer les résultats chez les individus infectés. Il va sans dire que l’optimisation de notre santé avec une alimentation saine, de l’exercice et un bon sommeil, ainsi que la réduction du stress, contribue probablement à aider notre système immunitaire à combattre une infection.

Toutes ces interventions servent de liens jusqu’à ce que nous soyons en mesure de mettre au point un vaccin sécuritaire et efficace qui, espérons-le, nous protégera et nous permettra tous de reprendre une vie plus normale.

 

Au sujet de l’auteur
Le Dr Michael Szabo est médecin en chef chez Novus Santé et cumule 25 années d’expérience en soins médicaux de première ligne. Il est urgentologue pour le Réseau universitaire de santé de Toronto (UHN) et chargé de cours au Département de médecine familiale et communautaire de l’Université de Toronto. Il possède une vaste expérience en soins de santé destinés aux cadres, en soins de santé de type concierge et en deuxième opinion médicale.

 

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